Vol. 1 n° 3 · Analyse
Santé publique

Les indicateurs de santé publiés avant le séisme de Janvier 2010, tant par le Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) que par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) révélaient déjà un état des lieux indéniablement alarmant.
Comité éditorial • Alix Adrien, M.D., Canada • Dorothy Barthélemy, Ph.D., Canada • Alezandre Dauphin, M.D., Canada • Julio Desormeaux, M.D., Haïti • Raymond Duperval, M.D., Canada • Harold Durand, M.D., Haïti • James Féthière, Ph.D., Canada • Daniel Henrys, M.D., Haïti • Kerling Israël, M.D., Haïti • Bertrand Jean-Claude, Ph.D., Canada • Alix Lassègue, M.D., Haïti • Gérald Lerebours, M.D., Haïti • Henri Labrousse, M.D., Canada • Marie-Hélène Lindor, M.D., Canada • Marie-Françoise Mégie, M.D., Canada • Jean-William Pape, M.D., Haïti • Frantz Raphaël, M.D., Canada • Harry Max Prochette, M.D., Canada • Carinne Rousseau, M.D., Haïti • Daniel Talleyrand, M.D., France
L’
SANTÉ PUBLIQUE
accessibilité à des soins primaires de qualité pour tous représente le fondement de tout système de santé publique. Les indicateurs de santé publiés avant le séisme de Janvier 2010, tant par le Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) que par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) révélaient déjà un état des lieux indéniablement alarmant. Plusieurs lacunes majeures ont été et sont encore unanimement identifiées dans le système de santé en Haïti. Les plus fréquemment citées sont : le déséquilibre géographique dans la répartition des institutions et des divers prestataires de santé, le sous-financement par l’État qui assure moins du tiers des dépenses en santé, la formation déficiente des diplômés et la quasi absence d’un programme de maintien de compétence dans le système public, l’exode des diplômés, les taux de mortalité infantile (8,6 %) et maternelle (6,3 %) qui sont les plus élevés d’Amérique, et enfin le paradoxe de l’aide humanitaire en santé. Nous recherchons des pistes de solutions concrètes, notamment mais sans s’y restreindre, aux questions suivantes : • Comment atteindre le plus rapidement possible l’objectif fondamental de tout programme de santé publique : l’accès aux soins de santé pour tous ? Comment intégrer l’expertise des compatriotes de la diaspora pour atteindre cet objectif ? • Que faire pour doter le système de ressources humaines bien formées et en nombre suffisant ? Comment assurer la rétention des cadres formés ? Comment tirer profit des membres de la diaspora activement impliqués dans la formation en santé à l’étranger (médecins, infirmières, techniciens, administrateurs, etc.) ? • Comment financer le système de manière pérenne en tenant compte des faibles ressources financières de l’État ? Comment atteindre l’autonomie de la MSPP face à l’aide humanitaire ? Quelle place accorder à l’éducation civique dans la formation du personnel médical, infirmier et administratif dans le système de santé ?
