Vol. 2 n° 4 · Analyse

Nous projeter dans l’avenir : éduquer autrement nos jeunes enfants Plaidoyer pour une réforme de fond

Première page — Evelyn Margron

Daprè tout eksperyans ki fèt, kondisyon sosyal timoun viv pandan yo nan bazaj genyen anpil efè sou yo epitou sa kontinye pandan tout lavi yo.

Rezime : Si nou deside pran timoun piti sou responsablite nou, fòk nou konsidere devlopman kwayans ki ap sikile nan peyi a, prensip moral nou dwe transmèt, ansanm ak konpòtman pozitif nou dwe devlope. Daprè tout eksperyans ki fèt, kondisyon sosyal timoun viv pandan yo nan bazaj genyen anpil efè sou yo epitou sa kontinye pandan tout lavi yo. Jounen jodi a, lemonn ap chanje san rete epi li ap chanje rapidman. Travay anpil moun ki ap reflechi, moun ki ap fè rechèch epi moun ki ap pratike nan divès branch lakonesans demontre nesesite pou edikatè nou yo konsidere tout prensip nou mansyone pi wo a si yo vle jwenn bon rezilta nan travay yo apati tout ekzijans ak defi sosyete modèn lan mete devan yo. Nan anviwonnman nou, ki vin mondyalize epi ki ap bouje san rete, edikatè ayisyen yo pa bay timoun yo tout zouti yo bezwen pou yo koresponn ak tout defi sa yo. Dwe gen yon refòm nan sistèm edikasyon Ayiti a, ki pou mennen pwofesè yo sou wout 21-yèm syèk la ap suiv la. Si pou sa rive fèt, lekòl modèn lan dwe suiv yon apwòch holistik, ki ap mete timoun lan nan kè preyokipasyon li yo. Se yon veritab konstriksyon lapanse nan domèn edikasyon an, ki dwe vize lavni epi ki dwe konte sitou epi avantou sou fòmasyon moun ki ap fè lekòl yo, pou yo rive aplike nouvote sa yo nan travay yo ak timoun piti.

« L’éducation libératrice n’entraîne pas le changement social à elle seule mais il n’y aura pas de changement social sans une éducation libératrice1. » Paulo Freire

1. INTRODUCTION : DE LA NÉCESSITÉ D’UNE AUTRE ÉDUCATION POUR LES JEUNES D’HAÏTI

tire vers notre devenir, ils reflètent nos valeurs et aspirations, ils sous-tendent nos motivations.

1. Paulo Freire, Pédagogie des opprimés, François Maspero, Paris, 1974. 2. Samuel Pierre, Refaire Haïti, Conférence prononcée au CENTRECH, Montréal, 17 mai 2003.

Les raisons de ce sentiment d’incapacité remontent certainement à l’école, et à l’école fondamentale pour commencer. Cette école – relayée par ailleurs par les familles et autres institutions de notre société – qui cultive notre mémoire au détriment des autres outils d’apprentissage, qui nous enseigne à répéter, à copier, à faire comme le maître, à être comme tout le monde, à perpétuer l’existant, ne nous apprend pas à penser, à réfléchir, à remettre en question, à comprendre et à trouver des solutions créatives aux problèmes. Les adultes qu’elle produit vivent garants du statu quo, sont limités dans leurs capacités à critiquer, incapables d’oser l’inconnu, d’essayer autre chose… de changer.

Au cours de la conférence qu’il prononça le 7 mai 2003 au CENTRECH, à Montréal, le professeur Samuel Pierre se posait la question suivante : « Avons-nous confiance en notre capacité […] de revoir les fondements de la nation haïtienne2 ? » Il semble qu’il touchait là un des nœuds de nos difficultés à faire avancer notre pays. Traditionnellement, en Haïti, nous n’envisageons pas le changement comme opportun, nécessaire, possible, nous ne nous croyons pas capables de nous y attaquer, nous n’osons même pas en rêver ! Or, les rêves sont ce qui nous

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S’il est vrai que ce sont nos expériences, notre vécu, notre éducation (fondamentale) qui fondent nos croyances et nos valeurs, il n’est pas étonnant que nous en soyons là ! Le monde d’aujourd’hui est en continuelle et rapide mutation. Des travaux de nombreux penseurs, chercheurs et praticiens pointent du doigt l’importance pour les éducateurs d’en tenir compte dans la perspective d’une adéquation de leurs pratiques aux exigences de ces changements continus et rapides, aux exigences des sociétés modernes et aux défis auxquels elles sont confrontées. L’Haïti du 21e siècle ne peut faire l’économie d’une remise en question de son école, des croyances et des valeurs qui la fondent. Elle doit les examiner à la lumière des connaissances actuelles découlant des recherches et études en la matière et ambitionner d’en faire un outil de progrès, qui bouscule les idées reçues, à la recherche des changements que nous appelons tant de nos vœux et en appui à ceux-ci.

2. LES FONDEMENTS DU PROBLÈME

2.1 Croyances, valeurs et attitudes transmises par l’école haïtienne3

Une salle de classe dans une école « moyenne », en Haïti. Vous y êtes en visite. À votre arrivée, les enfants se mettent tous debout, en bloc, et disent, en bloc, en détachant les syllabes et en les chantant : « Bon… jour… ma… dame… » Des bancs alignés l’un à côté de l’autre et l’un derrière l’autre font face à un tableau noir ; un petit bureau et sa chaise destinés au maître ou à la maîtresse et, parfois, un buffet complètent le mobilier. Dans un coin de la salle, un jeune enfant ou un adolescent est à genoux. Le maître tient en main une règle et pointe un texte écrit sur le tableau, à lire et à mémoriser, collectivement ; les enfants ânonnent ensemble, récitant sur le mode « poème » des théorèmes mathématiques… Ce tableau est typique de l’école haïtienne, tant rurale qu’urbaine. L’enseignant y est l’élément central, le pouvoir absolu ; il décide – avec la direction de l’école – des « leçons » du jour qu’il devra faire « apprendre », entendez « mémoriser », à son troupeau d’élèves. Il punit ceux et celles qui « dérangent » la classe, osent ne pas « obéir » au doigt et à l’œil. Il doit s’assurer qu’ils et elles rentrent tous dans le moule prévu qui produira le modèle espéré du jeune homme ou de la jeune fille qui devra réussir avant tout aux examens.

3. Le Petit Larousse donne les définitions suivantes de ces termes :

• Croyances : Ce que l’on croit. • Valeurs : Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d’un point de vue personnel ou selon les critères d’une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre. • Attitudes : Ensemble des opinions manifestées par un individu, un groupe social ou une institution, se traduisant par un comportement habituel ou circonstancié.

Aucune enquête à ce jour, à notre connaissance, n’établit les croyances des enseignants – et des parents – haïtiens en matière d’éducation. L’observation de nombreuses salles de classe pendant plus de 30 ans de pratique et les conversations informelles avec de multiples collègues et parents constituent nos seules sources d’information et fondent notre opinion sur les croyances et les valeurs qui, d’après nous, soutiennent ce modèle. Il faudrait un jour tenter de les documenter systématiquement. Ces croyances, valeurs et attitudes sont, selon notre perception, les suivantes.

Les croyances

a) Les enfants arrivent à l’école avec la tête vide ; le rôle/travail de l’enseignant est de la remplir. b) L’enseignant doit remplir la tête des enfants avec les « connaissances » qu’il a lui-même et doit toujours donner l’impression de « savoir ». c) Pour remplir sa tête, l’élève doit répéter/mémoriser les « connaissances » transmises par son maître. d) Tous les enfants apprennent de la même manière, essentiellement en « répétant » et en recopiant. e) Jouer est synonyme de perte de temps. Pour apprendre, il ne faut pas jouer. Celui qui étudie/apprend ne joue pas. f) L’école doit « dresser » les enfants, autrement ceux-ci « poussent » n’importe comment.

Les valeurs

a) L’élève idéal est silencieux, tranquille, soumis et respectueux de l’autorité, obéissant, discipliné et poli. b) L’élève idéal ne pose pas beaucoup de questions et ainsi démontre son intelligence. c) L’élève idéal apprend et connaît ses leçons par cœur tous les jours. d) L’élève idéal réussit aux examens. e) L’élève idéal fait comme le maître – et ses parents – lui enseignent, et ne remet pas en question cet enseignement. f) L’élève idéal est « bon » en français et en mathématiques.

Les attitudes qui en découlent

a) Le maître s’attend et s’assure que ses élèves apprennent les valeurs qu’il défend et se conduisent en conséquence. b) Le bon maître est strict/sévère quant au respect de ces valeurs par tous. c) Le maître châtie/punit les contrevenants pour empêcher les « dérives » ; « qui aime bien châtie bien » est une maxime fondamentale ; la punition – y compris corporelle – est une pédagogie, un outil pour un enseignement efficace. d) Les élèves qui n’assimilent pas les valeurs enseignées sont stigmatisés, mis de côté parfois pour ne pas contaminer les autres. e) Le maître doit absolument et avant tout s’assurer de la réussite de ses élèves aux examens.

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Les jeunes qui auront « réussi » selon les critères constitutifs de cette approche auront bien intégré et pratiqueront les valeurs promues à l’école (le respect et la soumission à l’autorité, l’obéissance sans questionnement, la politesse, la discipline imposée). Ils ne remettront pas en question les « connaissances » et les valeurs apprises et seront prêts à les défendre à leur tour et à les transmettre à la prochaine génération. De génération en génération, ils s’assureront de la pérennité de l’ordre établi, des traditions transmises.

2.2 Contexte actuel, difficultés et défis

Si ces croyances, valeurs et attitudes qui fondent encore, de fait, notre système éducatif d’aujourd’hui en Haïti ont produit des « échantillons » de qualité dans le temps, elles ne semblent pas armer nos jeunes pour la vie au 21e siècle, ne les équipent pas des outils cognitifs, affectifs et émotionnels nécessaires à la prise en main des nombreux défis de notre société, ne semblent pas non plus constituer chez eux un moteur de changement, ne les incitent pas et ne les motivent pas à penser plus loin. Or, l’Haïti d’aujourd’hui fait partie d’un univers mondialisé et en mouvement constant, un monde où les technologies et les sciences occupent des places prépondérantes, un monde mouvant, inconnu et incertain, qui nécessite, pour y survivre, des capacités autres que celles enseignées traditionnellement dans nos écoles, telles que nous les avons décrites ci-dessus. Les jeunes Haïtiens d’aujourd’hui, qu’ils aient la capacité ou non de voyager hors du pays, font connaissance avec d’autres cultures, d’autres façons de penser et de voir la vie. Ces jeunes sont exposés de façon intensive aux technologies de la communication qui les mettent en contact avec le Web, avec le monde entier, sa diversité et sa complexité. Ils doivent tous les jours faire face à des situations inédites et imprévues, à de nouveaux défis relatifs tant à leur pays qu’à la planète Terre tout entière. Pour y faire face, ils ont besoin d’outils nouveaux, d’outils cognitifs qui leur permettent d’analyser les situations nouvelles confrontées, les changements observés, d’en comprendre les causes et les conséquences ; d’outils affectifs aussi qui leur permettent d’oser remettre en question les « connaissances » transmises par les maîtres et qui doivent être actualisées avec les nouvelles découvertes scientifiques, les recherches, le développement de nouvelles technologies. Ils doivent pouvoir oser jeter des regards neufs sur leur société, oser l’envisager autrement, oser s’engager dans la création de nouveaux possibles à la hauteur des défis actuels. Toutes capacités que l’école d’aujourd’hui ne développe pas et, même, contribue à atrophier si et quand elles semblent vouloir surgir.

2.3 Le changement nécessaire

Une réforme de l’éducation qui nous fasse faire un saut qualitatif pour nous projeter dans le 21e siècle et éduquer pour demain, qui nous donne les moyens de penser l’avenir et d’y travailler, devra s’efforcer de préparer nos jeunes pour cet avenir

inconnu et incertain et travailler à libérer leurs potentiels et leurs capacités. En particulier, elle devra : promouvoir le droit de chaque enfant à l’éducation (y compris ceux qui ont des besoins spéciaux), enseigner le respect et l’estime de l’autre, l’appréciation de la diversité et des différences, sources d’enrichissement personnel et social ; • faire naître chez les jeunes une image et une estime de soi positives, la conviction qu’ils peuvent changer les choses, qu’ils sont capables et compétents, individuellement et collectivement ; • favoriser la capacité à apprendre les uns des autres, à travailler en coopération les uns avec les autres, à compter les uns sur les autres, à se faire confiance les uns aux autres ; • développer l’esprit scientifique qui rend possible les apprentissages continus, rend accessibles les connaissances actualisées, rend capable de critiquer, d’examiner les causes et de mettre en relation, contribue à développer nos capacités à remettre en question nos préjugés, habitudes et croyances ; • s’efforcer de déconstruire les stéréotypes traditionnels qui induisent stigmatisation, marginalisation, exclusion et violence ; • développer le sens des responsabilités envers l’environnement physique et social ; • stimuler la capacité des jeunes à rêver et à s’attacher à leurs rêves avec persévérance. En général, elle devra viser à remplacer la résignation par la capacité à rêver qu’un autre monde est possible, à remplacer l’uniformisation par la valorisation de la diversité, l’individualisme par la solidarité et la coopération, l’injustice par l’équité, l’autoritarisme par le fonctionnement démocratique. Pour y arriver, cette réforme devra commencer par croire à la nécessité du changement et fonder son action sur cette nécessité, s’attaquant aux croyances et aux valeurs qui fondent notre système, les remettant en question à la lumière des connaissances actuelles en la matière. Elle devra avant tout et surtout s’engager sérieusement dans la formation des personnes qui doivent constituer les principaux agents de ce changement, les éducateurs et éducatrices des divers niveaux de l’école haïtienne. Cette formation devra être scientifique et introduire les éducateurs et éducatrices à l’état actuel des connaissances en matière d’éducation ; elle devra les initier aux théories, aux approches et aux méthodes modernes qui font des enfants le centre d’intérêt de l’école et favorisent les apprentissages significatifs et individualisés (par opposition à mécaniques et uniformisés) construits à partir des connaissances existantes des élèves. Cette nouvelle école devra considérer chacun d’eux comme un tout, un être humain complexe et complet qui doit être pris en charge par une approche holistique, intégrale ; elle devra ambitionner de faire de nos enfants des êtres à la personnalité épanouie, capable

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de réfléchir par eux-mêmes, sur eux-mêmes et sur leur société, et de poser des problèmes d’éthique et de morale. Toute réforme de l’éducation haïtienne doit donc commencer, à notre avis, par une réflexion sur les blocages de notre société et sur les causes de ces blocages. L’école d’aujourd’hui en est certainement un. Il nous faudra nous atteler à démontrer en quoi et comment elle nous bloque pour convaincre de l’opportunité de changements de fond. Changements qui ne pourront se concrétiser qu’à travers des politiques de formation scientifique des éducateurs et éducatrices. Toute initiative qui ne considérera pas la question des croyances et valeurs à la base de notre école et qui n’investira pas avant tout dans la formation d’agents de changement ne sera que cosmétique et nous condamnera à tourner en rond, nous maintenant incapables… de revoir les fondements de la nation haïtienne. Et, contrairement aux idées qui circulent en la matière dans notre pays, cette réforme devra considérer avant tout la formation des personnes chargées des jeunes enfants et prioriser l’attention à ce groupe d’âge. « La recherche confirme l’importance des premières années de la vie à influencer les enfants de manière positive et durable. Les valeurs morales et sociales d’un enfant sont déjà acquises au moment où il atteint l’âge d’entrer à l’école. Les premiers pas vers une vie tissée d’activités paisibles et non violentes, de respect de soi et des autres, de reconnaissance et d’appréciation de la diversité, peuvent être faits au cours de la petite enfance, alors que les enfants commencent à mûrir et à mettre en place leurs cadres de référence cognitifs et affectifs4 ». C’est donc ici que nous devrons

4. Cadre d’action pour l’éducation aux valeurs dans la petite enfance, élaboré lors de l’Atelier international « Intégrer les valeurs dans les programmes et services destinés à la petite enfance », coorganisé par l’UNESCO et Living Values : An Educational Program (Paris, du 20 au 22 novembre 2000), p. 3.

commencer à changer ; c’est ici avant tout que devra s’afficher la volonté de changement de nos dirigeants.

3. CONCLUSION

Dans son texte publié par l’UNESCO en 1999, Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur [1], Edgar Morin exprime ses idées sur l’essence de l’éducation du futur dans le contexte de sa vision de « la pensée complexe ». Il y expose des problèmes qui, selon lui, devraient être traités par toute société, toute culture et qui devraient être enseignés dans le futur. Ce document a ceci de particulier qu’il n’apporte pas de réponses toutes faites aux questions que nous nous posons sur l’éducation, mais justement nous ouvre des portes sur l’inconnu, cet inconnu avec lequel nous devons, selon Morin, apprendre à vivre désormais et qui devrait nous guider dans la recherche de solutions à nos nouveaux problèmes. Plus que toute autre chose, il nous invite à penser, à dégager nos finalités d’êtres humains, à inventer nos chemins, liant entre elles les connaissances enseignées jusqu’alors séparément, les relativisant, prenant en compte la complexité de notre monde. Il est temps que, chez nous, nous commencions à nous poser de véritables questions et arrêtions d’ânonner des réponses obsolètes ; que nous nous risquions à affronter la tension que produit une dissonance cognitive qui nous plonge dans un état inconfortable, mais nous oblige et nous motive à la réduire. Car s’il est vrai que le changement induit la peur et l’incertitude, quoi de plus inquiétant, pour ceux qui osent regarder l’avenir – mais aussi pour ceux qui n’osent pas encore – qu’un système scolaire qui nous mène à l’impasse ? BIBLIOGRAPHIE

1 MORIN, Edgar. Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, UNESCO, Seuil, 1999.

Evelyn Margron détient un B.A.en éducation de la jeune enfance et un M.A. en administration publique. Elle a été jardinière d’enfants et directrice de jardins d’enfants, conseillère pédagogique, professeure d’éducation à l’école normale d’instituteurs et institutrices et à l’université, formatrice d’enseignants en service en Haïti et à l’étranger, administratrice de fonds et directrice d’agence pour la coopération internationale. Ses interventions d’éducatrice sont traversées par le souci d’une participation active des apprenants à des apprentissages utiles et significatifs. Elle travaille actuellement à la production de matériels éducatifs tout en continuant ses interventions de formation. lynemargron@yahoo.com

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