Vol. 3 n° 1 · Éditorial
Éditorial : Le défi de l’eau
S’il est une problématique mondiale qui prend chaque jour de l’importance, c’est celle de l’accès à l’eau.
S’il est une problématique mondiale qui prend chaque jour de l’importance, c’est celle de l’accès à l’eau. Pourtant, la planète n’en manque pas, puisque l’eau recouvre 71 % de la surface du globe. Source vitale pour chacun des humains sur Terre, l’eau douce ne représente cependant que 2,8 % de toute l’eau disponible sur la planète. L’accès à l’eau potable est loin d’être une réalité quotidienne pour les milliards d’êtres humains vivant sur Terre. Aussi demeure-t-il une source permanente de conflit dans certaines régions du monde. Certains endroits manquent désespérément d’eau, alors que d’autres la polluent ou la gaspillent. L’accès à l’eau étant un droit fondamental de l’être humain, celle-ci doit être disponible pour les diverses formes de consommation, y compris l’hygiène. Selon une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU datée du 28 juillet 2010, « le droit à l’eau potable, salubre et propre est un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme1 ». Pour garantir ce droit, des efforts constants doivent être réalisés notamment en matière de traitement de l’eau, de mise en place d’installations sanitaires de base, d’accompagnement aux changements des comportements. Dans ce contexte, il faut distinguer d’un côté l’accès à des points d’eau améliorés et de l’autre, l’assainissement.
1. http://www.un.org/News/fr-press/docs/2010/AG10967.doc.htm
Sur le plan de l’assainissement, la couverture mondiale est passée de 49 % en 1990 à 63 % en 2010. Toutefois, la tâche qu’il reste à accomplir est énorme. En effet, « en 2013, 15 % de la population mondiale, soit 1,1 milliard de personnes sont contraintes de déféquer en plein air. Le manque d’installations sanitaires de qualité provoque d’importants dégâts de santé publique. Chaque année, 1,8 million de personnes meurent d’une simple diarrhée et 1,3 million décèdent des suites d’une malaria2. » Au-delà des chiffres, ce sont les disparités mondiales qui sont ici mises en évidence. De manière générale, il faut s’efforcer de réduire les inégalités entre riches et pauvres, entre zones urbaines et zones rurales. Selon les dernières études des Nations Unies effectuées au sein des 59 pays les moins développés, seule une moitié de la population dans ces pays possède un accès à l’eau et à l’assainissement, alors que 16 % de la population n’a accès ni à des points d’eau améliorés ni à des installations sanitaires de base. Il ne faut pas perdre de vue que l’eau potable et les installations sanitaires sont des éléments indispensables au bon développement des nourrissons. Les actions à mener vont de l’approvisionnement en eau potable à l’amélioration de l’assainissement par l’élimination des eaux usées et des déchets, la gestion des eaux de pluie, la promotion de l’hygiène, en passant par le transfert de connaissances et la gestion des risques et de la prévention. D’où la nécessité d’une gestion intégrée de l’eau.
