Vol. 9 n° 1 · Témoignage
Mes études doctorales à l’ISTEAH, une valeur ajoutée pour Haïti et la communauté scientifique
Mes études doctorales à l’ISTEAH

Pour sortir de ce bourbier et de cette instabilité, le pays a besoin d’investissements en éducation de base, professionnelle et universitaire.
INTRODUCTION
La crise socio-économique, politique et éducative que traverse Haïti est non seulement récurrente, mais aussi tributaire d’un certain nombre d’aléas naturels tels que le séisme du 12 janvier 2010, des désastres cycloniques saisonniers, etc. L’accélération de ces phénomènes naturels, économiques, sociaux et environnementaux empêche le développement de la société haïtienne tant sur le plan éducatif que de la connaissance scientifique et de l’innovation. Ces problèmes structurels sont dus à la rareté des modèles typiques de production de connaissances scientifiques au service du pays. Pour sortir de ce bourbier et de cette instabilité, le pays a besoin d’investissements en éducation de base, professionnelle et universitaire. Un transfert de savoirs, de connaissances scientifiques, technologiques, techniques, s’avère nécessaire. Il est important de nous interroger sur le modèle d’éducation à concevoir, dans une perspective de développement durable. Nous avons besoin de têtes pensantes et de matière grise à tous les niveaux sur le plan scientifique, en vue de prêter main-forte dans une perspective de développement du pays. Car la formation de la société haïtienne et des jeunes en particulier repose sur le partage des connaissances, le transfert de savoirs, de technologie et de savoir-faire. Notre réflexion s’inscrit dans une perspective de la reconstruction d’une nouvelle Haïti, capable de faire face à ces défis techniques et structurels. Le peu d’intellectuels dont dispose le pays est obligé, en raison du chômage et du sous-emploi, de partir sous d’autres cieux en quête d’un mieux-être, ce qui entraîne une fuite de cerveaux chronique et à outrance. La situation actuelle d’Haïti représente également un facteur de vulnérabilité de sa capacité de production, qui a impacté ses économies. Par exemple, il y a une large insuffisance d’infrastructures et de compétences au niveau des services de base (eau, énergie, électricité, transport, gestion des déchets, urbanisation, techniques agricoles). De plus, le sous-sol est quasiment inexploité, ce qui entrave le décollage du pays vers la modernité prônée sur l’échiquier mondial. Pour contribuer à relever ces défis, un groupe d’Haïtiens conséquents et responsables de la diaspora se sont réunis dans le but de former le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN) et l’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées
d’Haïti (ISTEAH) afin d’apporter leur contribution à l’éventuel développement et avancement d’Haïti. Ils ont prôné une possible nouvelle Haïti. À ce titre, ces acteurs se sont donnés à fond en vue de matérialiser leur rêve en créant l’ISTEAH, une école de technologies de l’information et de la communication et d’études en sciences économiques et sociales. Ils ont intégré la formation à distance en vue d’atteindre le maximum de personnes possible désirant acquérir des connaissances scientifiques au profit du développement du pays. Une telle initiative est louable. Elle nous interpelle, et ce, pour plusieurs raisons. Non seulement nous avons constaté de grands atouts en faveur d’Haïti, mais aussi elle nous motive plus que jamais à adhérer à cet ambitieux projet, en tant que fille authentique du pays. Ce qui nous permettra d’apporter également notre contribution pour la concrétisation d’un rêve commun et cher à tous.tes : une Haïti nouvelle. Avant d’aller plus loin dans nos réflexions, nous aimerions dire à nos lecteurs qui nous sommes.
2. FORMATION ACADÉMIQUE
Nous sommes gestionnaire de profession. Nous avons étudié à Montréal (Canada), où nous avons obtenu un diplôme d’études spécialisées (DES) en Gestion des affaires à l’École des hautes études commerciales (HEC) et une maîtrise en Administration publique avec option en management international à l’École nationale d’administration publique (ENAP). Nous sommes licenciée en anthropo-sociologie. Nous sommes également licenciée en sciences économiques à la Faculté de droit et des sciences économiques. Enfin, nous détenons une maîtrise en Sciences du développement de la Faculté d’ethnologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Département des Sciences du Développement (DSD).
3. EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE
Pour avoir été diplômée en secrétariat et comptabilité, nous avons fait nos premières expériences de travail à la Loterie de l’État Haïtien (LEH) comme secrétaire de bureau et avons été promue secrétaire-comptable. Peu de temps après, nous avons travaillé à titre de comptable-payeur au Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), avant d’accéder au poste de technicienne II dans cette même institution. Nous avons occupé les
postes d’administratrice du Bureau national des examens d’État (BUNEXE/MENFP), de coordonnatrice à l’Office de management et des ressources humaines (OMRH) et du Centre de recherche et de documentation (CREDOC) de la Primature. Nous sommes professeure de management et de méthodologie, respectivement à l’Institut haïtien des sciences administratives (IHSA) et à l’Institut national d’administration, de gestion et des hautes études internationales (INAGHEI) de l’UEH. Nous enseignons aussi la sociologie, la gestion des PME et l’éthique professionnelle. Ces expériences nous permettent de dire que nous n’avons brûlé aucune étape dans notre vie socio-professionnelle. Pour ce qui est de nos réalisations sociales et intellectuelles, nous avons fondé, en septembre 2000, le Lycée Hermé BAYARD de la 13e section communale de Lamontagne de Jacmel, avec l’appui total du Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. C’était, à l’époque, la première école secondaire de la zone. Nous sommes présidente-directrice générale et fondatrice du Bureau international de comptabilité et de gestion (BICG). Parmi nos publications, nous pouvons citer les textes suivants : Les Colin et les traditions ancestrales, une étude anthropo-sociologique centrée sur « ka colin » à Lamontagne, 13e section communale de Jacmel (1994), L’apport de l’artisanat dans le développement de Lamontagne (2000), Quels sont les avantages compétitifs du modèle de gestion québécois sur le marché mondial ? (2005). Notre dernier livre s’intitule La gestion documentaire et des archives à l’heure de la modernisation de l’Administration publique haïtienne : Quelles archives, pour quel pays ? (2018). Nous avons de plus écrit des articles à caractère socio-éducatif, par exemple : Quel avenir pour les femmes scientifiques évoluant en STIM en Haïti ? Qui assurera la relève ? (2018) ; Haïti, crise civique, citoyenne, institutionnelle ou systémique ? (2019) ; Le déficit de gouvernance, une tare pour l’évolution du système éducatif haïtien (2020) ; Le caporalisme québécois dans la gestion de la pandémie Covid 19 (2020) ; Immigration : les chocs culturels à l’aller et au retour (2021) ; La crise de l’éducation scolaire et le phénomène de l’insécurité en Haïti (2022) ; La crise socio-politique haïtienne : où sont passés les adeptes de la théologie de la libération ? (2022). Nous venons de soutenir avec brio notre thèse de doctorat en sciences de l’éducation, option gestion des systèmes éducatifs à l’ISTEAH. Notre thème de recherche s’intitule : « Analyse du processus d’élaboration et de mise en œuvre des curricula/programmes du système éducatif haïtien : cas du curriculum de l’éducation à la citoyenneté du nouveau secondaire, de 2000 à 20201 ». En fait, de quoi parle cette recherche ?
4. RÉSUMÉ DE LA THÈSE DE DOCTORAT
Cette recherche met l’accent sur la gouvernance et la gestion du système éducatif haïtien par une analyse de cas du curriculum de l’éducation à la citoyenneté du nouveau secondaire et le problème de sa mise en œuvre dans les écoles. Dans notre problématique, nous avons passé en revue les différents documents stratégiques
Bayard, B. (2023). Analyse du processus d’élaboration et de mise en œuvre des curricula/programmes du système éducatif haïtien : cas du curriculum de l’éducation à la citoyenneté du nouveau secondaire, de 2000 à 2020. Thèse de doctorat réalisée à l’ISTEAH.
élaborés par le MENFP, y compris le curriculum de l’éducation à la citoyenneté du nouveau secondaire dont la mise en œuvre tarde encore à apporter des résultats satisfaisants, faute d’une gouvernance appropriée. Nos constats ont montré une absence de contrôle dans l’administration et la gestion scolaire dans laquelle certaines écoles dites « élitistes » publiques et privées tentent de contourner les lois et principes fondamentaux établis par l’État dans le cadre d’une éducation universelle. Ces écoles adoptent d’autres curricula/programmes au détriment des curricula élaborés par l’État. Or, le MENFP n’a pas suffisamment de ressources humaines et financières pour remédier aux problèmes de gestion et de gouvernance récurrents entravant le développement de l’éducation et la mise en œuvre des documents stratégiques et des curricula/programmes en Haïti. Il y a également une instabilité dans la conception et la mise en œuvre des documents stratégiques et curricula/programmes. Le Plan national d’éducation et de formation (1998) d’où vient le curriculum/programme de l’éducation à la citoyenneté avait pour objectif d’améliorer la qualité de l’éducation en offrant un bon encadrement aux élèves des secteurs public et privé. Ce plan n’a pas réussi à augmenter l’offre de l’éducation globale dans les zones urbaines et rurales défavorisées. Aucun renforcement des capacités de gestion et de gouvernance du système n’a été observé. Aucun système de gouvernance et de gestion efficace en termes d’évaluation ou de supervision des performances n’a été constaté non plus. Un dernier constat se fait surtout au regard de la déficience du cadre légal et/ou de l’inapplicabilité des lois, décrets, décrets-lois et arrêtés. Le système éducatif fait face à l’absence ou à une carence de cadre légal, de normes et de procédures d’administration et de gestion [1]. En Haïti, plusieurs lois, arrêtés et décrets sur l’organisation et le pilotage du système éducatif haïtien ont été promulgués. Cependant, aucun n’a été mentionné quant à l’organisation de la gouvernance, de la gestion ou du management du système éducatif. Nous avons effectué des recherches concernant des publications de divers auteurs dans le domaine, afin d’effectuer une recension des écrits pouvant montrer les différentes facettes des curricula élaborés dans des pays en voie de développement, pauvres et avancés, et ce, dans le but de comprendre la dimension et l’importance de ce projet scolaire qu’est le curriculum de l’éducation à la citoyenneté. Les théories sur les curricula sont d’une importance capitale pour notre recherche. Voilà pourquoi nous avons fait appel à des théories sur les curricula et la gouvernance des systèmes éducatifs. Perrenoud [2, 3, 4] distingue trois niveaux curriculaires dans un système éducatif : 1. Le curriculum de la « programmation », qui est le niveau du curriculum rêvé, prescrit ou formel. 2. Le curriculum des expériences que vit l’apprenant et qui le transforment ; c’est le niveau du curriculum réel ou réalisé. 3. Le curriculum des apprentissages dans lequel seule l’école a pour vocation principale de structurer le curriculum des élèves. À l’instar de Perrenoud, Wilson [5] propose 11 types de curricula/ programmes. Selon elle, ces curricula/programmes représentent
des études utilisées dans les écoles de nos jours aux États-Unis. Voilà pourquoi elle a parlé du système éducatif américain comme étant complexe et éclectique. Dans le domaine de la gouvernance éducative, l’une des théories les plus prisées est celle de la théorie stakeholder ou théorie des parties prenantes de Mercier [6, 7]. Elle fonctionne suivant deux visions : selon la première vision, on considère les parties prenantes comme étant un « objet frontière », c’est-à-dire un objet dont le va-et-vient se fait de manière communautaire sous un même nom, mais pas toujours dans le même sens [7]. La deuxième vision concerne la responsabilité sociale des entreprises ou organisations (RSE) [8]. De manière éthique, cette dernière prend en compte la dimension normative des organisations. Lalancette, en 2014, a proposé une théorie sur les modèles de la gouvernance éducative et curriculaire dans laquelle la gestion des systèmes éducatifs publics requiert un bon rapport de communication entre les acteurs éducatifs avec des périodes de négociations afin de discuter des priorités [9]. Elle propose deux types de gouvernances : une gouvernance opérationnelle qui réfère à la structure de pilotage de l’établissement, en créant un lien entre l’établissement scolaire et son environnement, tout en restant ouvert sur le monde extérieur pour avoir de nouvelles connaissances, et une gouvernance stratégique dans laquelle les idées sont véhiculées par la gouvernance éthique et démocratique. Par la méthode qualitative et avec un échantillon de 30 répondants, nous avons collecté nos données à travers deux départements, plus particulièrement, les arrondissements de Port-au-Prince, de Jacmel et leurs communes. Notre recherche a été effectuée à travers les écoles secondaires, au MENFP et les directions départementales de ces deux départements géographiques. Par une analyse des résultats de la recherche, nous avons pu observer là où se trouve le goulot d’étranglement qui empêche la mise en œuvre de tous les documents stratégiques, particulièrement le curriculum de l’éducation à la citoyenneté du nouveau secondaire. Ce document conçu depuis 2001 découle du Plan National d’Éducation et de Formation (PNEF) proposé par le MENFP en 1998. D’une part, le point de mire de notre analyse est le plan opérationnel, à travers les résultats de l’enquête dans les écoles des deux arrondissements des départements (Ouest et Sud-Est), et, d’autre part, une attention spéciale est accordée à la gestion et à la gouvernance du système sur le plan stratégique. Nous avons analysé également les réponses des inspecteurs et des directeurs départementaux quant à leur compréhension de la gouvernance du système. Les résultats de la recherche montrent que le document en question n’a jamais été mis en application, mais est encore en gestation, plus de 20 ans après sa conception. In fine, nous avons proposé un modèle de gouvernance pouvant aider à la mise en œuvre des documents de politique publique créés par le MENFP. Notre conclusion ouvre les champs vers des pistes de solutions et de recherches scientifiques futures. Mots clés : curriculum/programme, mise en œuvre, éducation à la citoyenneté, gouvernance, gestion/management, politique publique.
5. MOTIVATION À ENTREPRENDRE DES ÉTUDES
DOCTORALES À L’ISTEAH Notre engouement pour faire une étude doctorale vient de notre curiosité intellectuelle. Nous avons toujours voulu aller plus loin dans le domaine de la connaissance, le développement scientifique, technique ou technologique. Notre esprit nous guide également vers une certaine polyvalence sur le plan intellectuel, afin d’avoir notre indépendance économique et financière par le travail. Nous vivons dans un pays où la plupart des gens conçoivent très mal l’activité intellectuelle pour le bien et le développement du pays ; surtout dans le cas d’une femme, que ce soit sur le plan social ou politique. Nous sommes consciente que le sexisme et la discrimination intellectuelle et sociale fondée sur le genre sont relativement monnaie courante dans notre société. Ce qui entraîne que certaines personnes sont prêtes à bloquer toute tentative d’émission d’idées novatrices, surtout si elles sont différentes de celles véhiculées dans leur environnement immédiat. Des études de doctorat nous mettent en confiance et nous permettent de contourner de manière classique et technique ces traditionnalistes impénitents qui entravent toute action scientifique en faveur d’Haïti.
6. VALEUR AJOUTÉE DE LA FORMATION DOCTORALE À L’ISTEAH
La réussite du doctorat nous donne la possibilité d’avoir accès à un niveau supérieur dans notre carrière intellectuelle et professionnelle : le grade le plus élevé des diplômes universitaires, celui de Philosophiæ Doctor (Ph. D.). Nous sommes plus aptes à devenir une chercheuse, une praticienne, une experte ou une technicienne de haute facture pour le bien de la communauté scientifique. Cette formation nous donne la capacité à développer et à approfondir nos connaissances sur le plan scientifique. Elle nous confère une expertise afin de pouvoir définir, élaborer, rédiger et faire avancer les connaissances de manière professionnelle et technique. La formation doctorale nous donne la possibilité d’avoir un sens critique, un esprit d’analyse et de synthèse, un comportement éthique et de respect de la propriété intellectuelle. Nous sommes devenue relativement habile dans l’utilisation des technologies de l’information, par exemple, les moteurs de recherche, les bases de données et certains logiciels. Nous nous sentons plus en confiance et apte à communiquer clairement et aisément dans les conférences, les formations, les séminaires ainsi que dans l’exposition de nos cours à l’université. Notre curiosité intellectuelle devient de plus en plus stimulée afin d’explorer les différentes voies dans le domaine scientifique. Elle nous permet également d’utiliser les différents outils de recherche, revues scientifiques, sites Web, moteurs de recherche, etc. Elle nous donne de la persévérance en vue de surmonter tous les obstacles rencontrés au cours de notre recherche et dans notre vie socio-professionnelle. Nous sommes devenue de plus en plus autonome, disciplinée et tenace. Cette expérience confirme notre capacité à travailler en équipe. Elle nous confère une aptitude et une attitude réceptive à la critique, une rigueur scientifique hors pair. Nous sommes désormais très respectée par notre entourage et dans notre vie professionnelle, que ce soit au bureau ou en société. Les études doctorales nous accordent les avantages suivants :
Devenir plus ouverte et tolérante en ce qui concerne les idées contraires sur le plan intellectuel. Le philosophe Bayle disait que la tolérance n’a pas de place dans le domaine scientifique. Il faut faire place à l’engagement pour la vérité. Il faut examiner sans complaisance des opinions et lutter contre les idées fausses, afin de faire avancer la constitution des savoirs. Car nul ne peut être reconnu à sa « conscience errante2 » [10]. Au nom du respect de l’autre, nous sommes tolérante, sans pour autant accepter n’importe quelle idée rétrograde contraire à nos convictions et à notre formation professionnelle.
Mettre de l’ordre dans nos idées sur le plan méthodologique, scientifique et scriptural. Nous confirmons réellement que pour bien écrire, il faut avoir fait un constat, tout en exploitant de manière efficace les informations pertinentes des ressources documentaires, en suivant un plan de travail. Celui-ci est la base même de la structure de notre pensée afin de pouvoir répondre aux questions et objectifs de recherche. Il nous aide à mettre de l’ordre dans nos idées.
Aller au-delà des connaissances et des pratiques actuelles existantes, tout en cherchant le non-dit dans ce qui est dit. Einstein a dit : « L’esprit intuitif est un don sacré et l’esprit rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don3 . » Notre intuition et notre imagination, comme pour tout chercheur, deviennent des outils essentiels pour nos réflexions. Elles nous guident vers l’aboutissement de certaines hypothèses, elles nous projettent dans un univers et nous poussent à trouver des réponses claires et précises sur le plan scientifique, afin de générer des idées nouvelles pour le bien de la recherche scientifique.
Respecter les normes, les règles d’éthique, d’intégrité et de probité intellectuelle. Sur le plan de l’éthique professionnelle et de la probité intellectuelle, nous apprenons à respecter les règles de confidentialité dans le cadre de notre recherche. Nous indiquons nos sources suivant les normes de citation des références (ouvrages, articles scientifiques, documents scientifiques, moteurs de recherche en ligne, thèses, etc.), afin d’éviter tout plagiat et de protéger le droit d’auteur.
Analyser, interpréter et critiquer en toute objectivité certaines recherches. De manière objective, nous avançons et argumentons des points en nous basant sur des faits. Nous faisons en sorte d’avoir une lecture fine des textes et des preuves suffisantes avant de donner nos impressions.
https://www.philolog.fr/la-tolerance/
https://www.dicocitations.com/citation_auteur_ajout/7781.php
Maîtriser mieux l’environnement de la recherche scientifique. L’environnement de la recherche scientifique est la résultante de toute recherche en sciences sociales et pures. Il est conçu pour produire des connaissances. Nous voulons apprendre à observer et à comprendre les comportements profanes et scientifiques. Nous ambitionnons d’apprendre et de maîtriser les méthodes scientifiques. Nous voulons être chercheuse, et pour cela, nous étions très motivée à développer en nous la rigueur scientifique, un esprit critique pouvant nous aider à prendre nos distances par rapport à tout document ou recherche dans l’esprit de l’amélioration de notre travail. Il est évident que, pour innover, il faut avoir le sens de la créativité. Dans ce cas, nous devons agir en vue de résoudre les problèmes inhérents à la perpétuation d’une mauvaise tradition. Nous avons voulu apprendre à bien communiquer afin de mieux faire passer nos messages. Nous sommes une femme d’équipe, cependant nous voulions apprendre à nous perfectionner davantage afin de maîtriser mieux le travail en équipe. Nous sommes très curieuse sur le plan scientifique, et nous étions déterminée à apprendre afin de devenir plus performante, non seulement comme future chercheuse, mais aussi pour le bien de la communauté estudiantine, en tant que professeure d’université.
Ce sont là les valeurs ajoutées que nous apporte cette formation doctorale à l’ISTEAH. Notre passage à l’ISTEAH confirme notre volonté de rester fidèle à nos valeurs et au respect du code déontologique de notre profession, même dans les situations socio-politiques et économiques les plus difficiles. Nous sommes devenue foncièrement positive, optimiste, très rationnelle et réaliste. Nous combattons toujours la négativité en cherchant des solutions à chaque problème. Nous anticipons toujours la réalisation d’un projet, au lieu de nous croiser les bras à la manière d’une fataliste. Nous avons une ouverture d’esprit qui nous encourage à aller plus loin dans nos pensées sur le plan scientifique. Fréquenter l’ISTEAH confirme encore notre capacité à travailler sous pression, à contrôler parfaitement nos émotions, afin d’éviter de commettre des erreurs de jugement. Nous avons acquis une curiosité intellectuelle sans précédent qui nous aide à pousser encore plus loin nos intuitions en recherche en vue de cerner la vérité sur le plan scientifique.
7. LIEN DE CETTE FORMATION AVEC UNE HAÏTI NOUVELLE
Depuis les années 1940, Haïti vit un exode des cerveaux à outrance. Cet état de fait s’est accentué au cours des 30 dernières années. Il s’agit d’un problème qui pèse très lourdement sur le développement du pays. Ces 30 dernières années, nous avons également assisté à la montée de générations de politiciens qui sont en faveur du charlatanisme au détriment de toute idée de progrès et de développement intellectuel. Il y a une phobie de l’intelligentsia. Les gens techniquement mieux préparés sont relégués à l’arrière-plan à tous les niveaux de la vie nationale. La médiocrité bat son plein dans tous les rouages politiques, administratifs et de gouvernance du pays.
Pour mieux servir le pays et travailler plus efficacement à son progrès, en tant qu’intellectuelle haïtienne, particulièrement diplômée de l’ISTEAH, aussi bien préparée que possible, nous devons mener une bataille sur trois plans – politique, géopolitique et culturel – afin de nous tailler une place pour faire avancer le pays sur la route du progrès. Revenant aux études doctorales à l’ISTEAH, c’est une opportunité pour nous de partager notre vision, notre mission dans le processus de développement de notre pays. Notre qualification sur le plan professionnel nous permettra de travailler à l’amélioration de la productivité du travail intellectuel et social en Haïti. Ces études peuvent également nous aider à adopter des mécanismes scientifiques en vue d’apporter notre contribution à la recherche d’un développement durable pour le pays. C’est un moyen d’encourager les jeunes à s’intégrer dans un environnement scientifique et social afin de partager leurs idées sur les questions relatives à la science, à la culture et à l’éducation. Ensemble, nous allons devoir affronter les défis du développement national et les besoins en ressources humaines qualifiées. Car les changements en matière de technologie et de concurrence à l’échelle mondiale exigent des jeunes qu’ils maîtrisent de nouvelles compétences et qu’ils soient à jour. Les compétences et expériences que nous avons acquises à l’ISTEAH nous confèrent une autonomie, un sens de responsabilité partagée, un sens du devoir et de l’altérité que nous pouvons employer au profit de nos compatriotes et du pays.
8. CONCLUSION
ET PERSPECTIVES Pour clore nos réflexions, nous souhaitons que l’ISTEAH, à travers les instigateurs du GRAHN, puisse continuer à se battre pour la formation de nos compatriotes. Une telle initiative conduit également au développement d’Haïti. Il est presque unanimement reconnu que l’éducation est l’un des instruments les plus puissants pour lutter contre la pauvreté, les inégalités et le sous-développement. Elle est le levier sur lequel il faut jeter les bases d’une croissance économique solide. En investissant davantage dans ce domaine, l’ISTEAH peut se réjouir d’avoir choisi la bonne part dans le cheminement vers une Haïti nouvelle : celle de former des technicien.ne.s et professionnel. le.s sur des périodes bien déterminées. L’ISTEAH doit œuvrer et même se battre pour que ces scientifiques puissent rester au service de leur pays.
BIBLIOGRAPHIE
1 Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP). (2017). 2 Perrenoud (1990). 3 Perrenoud (1993). 4 Perrenoud (1995). 5 Wilson (2019). 6 Mercier (2001). 7 Mercier (2006). 8 Pesqueux (2009). 9 Lalancette (2014). 10 https://www.philolog.fr/la-tolerance/ 11 https://www.dicocitations.com/citation_auteur_ajout/7781.php
