Vol. 9 n° 1 · Témoignage
Le parcours d’un diplômé de la première cohorte de l’ISTEAH
Le parcours d’un diplômé

Animé par l’esprit d’entraide et l’amour pour l’éducation depuis ma tendre enfance, j’ai vite compris qu’une voie favorable m’était tracée dans le secteur de l’enseignement et de la formation.
culture (1955), puis Civilisation ou Barbarie (1981), qui affirment la primauté civilisationnelle africaine. Ce grand auteur a été un précurseur dans sa volonté d’écrire l’histoire africaine précédant la colonisation.
1. INTRODUCTION
Animé par l’esprit d’entraide et l’amour pour l’éducation depuis ma tendre enfance, j’ai vite compris qu’une voie favorable m’était tracée dans le secteur de l’enseignement et de la formation. Très tôt, j’ai commencé à appuyer mes camarades de classe en plus de fournir gracieusement un encadrement à des jeunes de mon entourage pour la compréhension des matières de base tant au primaire qu’au secondaire. J’avais un sens très poussé pour les techniques, la physique et les astres. Déjà en 6e secondaire, j’achetais des encyclopédies de la jeunesse, des dictionnaires de français, d’anglais et d’espagnol. J’avais ma petite bibliothèque avec des livres de Guy des Cars, Barbara H. Cartland, Dale Carnegie. Tandis que j’étais en classe de 3e secondaire, je lisais déjà des ouvrages qui m’ont poussé davantage à la recherche d’une meilleure compréhension du monde. Je lisais Le défi mondial de Jean-Jacques Servan-Schreiber, le livre de Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs paru aux Éditions du Seuil en 1952. Parallèlement, je savourais avec joie et enthousiasme le fameux ouvrage du Dr Jean Price-Mars, Ainsi parla l’oncle, qui explore les traditions, les légendes du vodou et l’héritage africain qui fondent les cultures noires. Cela m’a permis d’apprécier les efforts de nos pères pour contribuer à la construction d’un monde égalitaire où l’humanisme serait au centre. D’un autre côté, le livre Comprendre les femmes et leur psychologie profonde ainsi que les autres livres du psychologue français Pierre Daco m’ont beaucoup interpellé. Mélomane attiré par l’art, je connaissais par cœur les textes d’Aragon, de Paul Verlaine, de Massillon Coicou dont la poésie a donné ses lettres de noblesse à la littérature haïtienne du 19e siècle et l’incontournable Oswald Durand, considéré comme le poète national d’Haïti. Il est le parolier du chant national Quand nos Aïeux brisèrent leurs entraves, qui fut l’hymne national haïtien de 1893 à 1904. J’ai également trouvé très profondes les réflexions de Confucius, les citations de Winston Churchill, homme politique, premier ministre de l’Angleterre. Il écrivait : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. » J’ai été sensibilisé par le courage et la conviction exprimés dans les livres de Turday Lobsang Rampa en plus du fameux livre d’Henri Charrière : Papillon. J’ai lu avec une rare attention les livres de Cheikh Anta Diop, un grand auteur de l’Afrique de l’Ouest qui a montré l’apport de l’Afrique et en particulier de l’Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiales. J’ai lu ses livres Nations nègres et
J’ai fait mes études secondaires à Port-au-Prince tandis que j’habitais à Carrefour dans la partie sud de la ville. J’ai toujours trouvé les réserves nécessaires pour poursuivre mes études classiques et apprendre d’autres choses parallèlement. Ainsi ai-je appris la comptabilité, la dactylographie, la téléphonie, l’anglais niveaux 1 à 4, avant même de terminer mes études classiques. Dans cette présentation, nous allons surtout vous présenter notre parcours académique, le résumé de notre thèse de doctorat, notre expérience professionnelle, les raisons qui nous ont poussé à entreprendre des études doctorales à l’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti (ISTEAH). Nous décrirons ce que cette nouvelle structure universitaire a apporté dans notre vie professionnelle en termes de valeur ajoutée. Suivront notre vision du lien de cette formation avec la construction d’une Haïti nouvelle ainsi que nos perspectives pour les 10 ans à venir.
2. FORMATION ACADÉMIQUE
Je suis entré au jardin d’enfants en 1968 et j’y ai passé deux ans avant de commencer la maternelle. En raison des troubles politiques (la mort de François Duvalier en 1971), j’ai changé de maison à deux ou trois reprises pour finalement commencer les cours préparatoires 2 en 1972. J’ai fait mes études primaires à l’école nationale mixte de Thor, une très bonne école. J’ai fait mes études secondaires au Collège Le Normalien à Port-au-Prince. Après mes études classiques, j’ai fréquenté en même temps la Faculté des sciences humaines et la Faculté de linguistique. Faute de temps, j’ai dû laisser les sciences humaines pour me concentrer sur la linguistique, car j’ai obtenu un emploi comme teneur de livres dans un hôtel à Pétion-ville. J’ai commencé à enseigner l’anglais en 1987 tout en continuant mes études à la Faculté de linguistique jusqu’en 1990. Quelques mois plus tard, j’ai intégré la Faculté des sciences de l’éducation du Centre de recherche en éducation et d’interventions psychologiques (CREFI). J’ai effectué en 1997 un diplôme d’études spécialisées avec le CREFI et l’Université Catholique de Louvain et obtenu cinq ans après une maîtrise en gestion des programmes bilingues avec l’Université
Caraïbes de concert avec les Universités Antilles Guyanes. En 2008, j’ai entrepris des études de master avec l’université Quisqueya et l’Université Paris XII Est-Créteil sur la gestion des systèmes éducatifs. J’ai entamé ensuite en 2011 une étude de 3e cycle à distance sur l’anglais langue seconde à l’Institute of Faith Technology Seminary (IFTS) aux États-Unis. C’est en 2013 que j’ai fait la connaissance de l’ISTEAH par le biais d’un ami, cadre au Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP). Quand il m’a parlé du docteur Samuel Pierre, l’initiateur du mouvement pour une Haïti nouvelle, j’ai vite établi la relation avec ce fameux professeur que j’avais rencontré à l’Université de Montréal après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, où j’ai participé avec enthousiasme à trois journées organisées dans le cadre de la reconstruction du pays. C’est ce qui allait donner naissance à GRAHN-Monde pou yon Ayiti tou nèf1. J’ai fait les inscriptions et passé les examens de concours qui m’ont donné d’entrée de jeu l’impression qu’il s’agissait d’une institution qui voulait marquer la différence en mettant l’accent sur l’excellence. Ainsi ai-je bénéficié, grâce à ma performance, d’une bourse d’études financée par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) pour la réalisation de mes études doctorales. J’ai terminé ces études en présentant ma thèse de doctorat au mois de mai 2020.
3. RÉSUMÉ
DE MA THÈSE DE DOCTORAT Cette thèse vise à comprendre les représentations professionnelles que font les enseignants de leurs rôles dans l’éducation à la citoyenneté et à observer leurs pratiques en lien avec la notion de vivre-ensemble à l’école en Haïti. En effet, la problématique de la citoyenneté en milieu scolaire en Haïti a fait l’objet de très peu d’études et de recherches systématisées. Pourtant, l’incivilité, la perte des valeurs positives, l’antipathie, l’agressivité sont devenues monnaie courante et ne cessent de menacer l’équilibre de la société. Les écrits disponibles reconnaissent que la société haïtienne est divisée, clivage qui a sans doute un impact sur la citoyenneté et impacte même l’unité dans la République d’Haïti [1]. La revue de littérature a révélé une sous-documentation de la thématique en question dans le milieu scolaire haïtien. En revanche, les études menées dans plusieurs pays, appuyées par un cadre théorique et conceptuel, ont facilité une meilleure compréhension de notre objet de recherche. Cette thèse s’appuie sur la conception de l’éducation citoyenne de Galichet [2] et sur la définition de la représentation telle qu’abordée par d’Abric [3], pour donner du sens au discours des 12 enseignants recrutés dans quatre départements scolaires d’Haïti et dans quatre écoles fondamentales d’application. Dans cette recherche qualitative à caractère compréhensif, nous considérons les enseignants comme des sujets significatifs dans la mesure où ils interagissent régulièrement avec les apprenants. Ainsi, l’analyse des données nous aurait permis de dégager 15 catégories et 7 sous-catégories. Les résultats de cette recherche montrent que les enseignants souhaitent former un apprenant au comportement exemplaire, imprégné de valeurs morales, faisant preuve d’altruisme envers ses semblables. Ils ont surtout évoqué l’impact négatif du manque de modèles dans
la société haïtienne. Ces répondants perçoivent leur rôle comme étant un guide, un orienteur pour les apprenants. En plus d’encadrer les élèves, ils représentent de véritables conseillers auprès des parents d’élèves. Notre recherche se veut une contribution dans un domaine peu documenté en Haïti par les publications scientifiques qui sont tout à fait muettes sur les représentations professionnelles des enseignants de leur rôle dans l’éducation à la citoyenneté des élèves. Elle offre l’opportunité de caractériser le type de citoyen que les enseignants entendent former dans la perspective du vivre-ensemble. Cette thèse a permis d’analyser les pratiques de l’éducation à la citoyenneté dans les Écoles Fondamentales d’Application et Centre d’Appui Pédagogique (EFACAP) tout en présentant les contraintes rencontrées et les opportunités envisagées. L’enquête empirique a fait émerger plusieurs variables qui pourraient être utilisées dans le cadre d’éventuelles recherches quantitatives dans le domaine. Mots clés : citoyenneté, éducation à la citoyenneté, rôle des enseignants, représentations professionnelles.
4. EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES J’ai surtout travaillé dans le secteur de
l’éducation en raison de mon intérêt particulier pour la formation du citoyen et l’épanouissement des jeunes. Dans un premier temps, j’ai enseigné l’anglais vers 1987 dans une école professionnelle à Port-au-Prince, puis dans deux écoles classiques, pour enfin commencer à former des enseignants dans le programme scolaire d’Ennery dans le département scolaire de l’Artibonite, à partir de 1995. En 1996, je suis devenu le responsable du Programme scolaire à Ennery et deux ans plus tard, j’allais réaliser le projet ED-2004, une grande expérience dans ma vie professionnelle. Avec un intérêt accru pour la formation des formateurs, le suivi, l’évaluation de programmes et de projets en particulier en éducation, j’ai aidé à former des milliers d’enseignants à travers les dix départements scolaires du pays. Spécialiste en pédagogique et élaboration de modules de formation, j’ai développé une trentaine de modules pour Save the Children, Coopération espagnole et d’autres. J’ai été tour à tour gestionnaire du Programme scolaire d’Ennery (1996-1998), gestionnaire de la Cellule technique du projet ED2004 financé par l’USAID (1998-2002), puis coordonnateur du projet PAENA (2002-2004). De 2007 à 2009, j’ai occupé le poste de coordonnateur du Centre Haïtien de Recherche en Éducation (CHRE) et apporté mon appui au CREFI et à l’Université publique des Gonaïves (UPAG), l’Université publique du Sud-Est à Jacmel (UPSEJ) et l’Université Providence d’Haïti (UPROH). Je compte aujourd’hui une quarantaine d’années d’expérience que je mets à la disposition d’Haïti. J’ai travaillé comme consultant pour assurer l’interface entre la Coopération espagnole et le MENFP dans le cadre du projet PREMOSE dans le Sud-Est d’Haïti. J’ai effectué plusieurs consultations pour le compte de Save the Children, USAID et d’autres organisations nationales et internationales. J’ai été consultant vacataire pour RTI-ToTAL dans le cadre d’un mapping des organisations qui travaillent dans les corridors d’intervention de ToTAL en 2015, et aussi consultant pour Institution et Développement (I&D) dans le cadre du développement d’une architecture pour la formation technique et professionnelle en 2014-2015.
Phrase en créole qui veut dire : Pour une Haïti nouvelle.
J’ai fourni un appui technique à la Direction d’appui à l’enseignement privé et au partenariat (DAEPP) du MENFP dans le cadre du projet Education pour tous (EPT) en 2009. J’ai aussi donné une consultation pour la systématisation des techniques du système d’information et de collecte de données dans le Sud-Est dans le cadre du projet PREMOSE en 2016. Autres rôles : coordonnateur du projet PREMOSE en 2017 dans le cadre d’un contrat signé avec le MENFP ; coordonnateur du projet Pour une éducation de qualité de l’UNESCO ; consultant pour l’UNESCO et responsable du volet technique et professionnel. Professeur au CREFI depuis environ 12 ans et professeur assistant à l’ISTEAH depuis déjà 3 ans, j’ai encadré une cinquantaine d’étudiant.e.s en licence et maîtrise. Depuis trois ans, j’encadre chaque année de cinq à six étudiant.e.s pour la réalisation de leur mémoire dans deux universités en Haïti.
5. MOTIVATION À ENTREPRENDRE DES ÉTUDES
DOCTORALES À L’ISTEAH Après des études de maîtrise en éducation, j’ai commencé à enseigner à l’Université publique des Gonaïves et au CREFI. Parallèlement, je formais des enseignant.e.s, des directeur-trice.s d’écoles et des inspecteur.trice.s à travers les dix départements scolaires du pays. Ma compréhension des problèmes du système éducatif haïtien m’a orienté vers la recherche dans le secteur. La réalisation de ces recherches demande un bon niveau universitaire. Comme j’ai tour à tour travaillé dans le programme pour la mise en place des EFACAP à travers le pays et dans celui d’Élis Dubois pour la mise en place des centres de formation de l’école fondamentale et dans la formation des enseignants pour certaines écoles privées, des études doctorales ont été incontournables. De plus, ma contribution à la mise en place de l’Université Providence d’Haïti avec le révérend pasteur Jean Marc Zamor a été pour moi une source de motivation pour la réalisation d’une thèse de doctorat.
(iv) le rayonnement scientifique, intellectuel et social concrétisé par des interactions avec les milieux externes autant au pays qu’à l’étranger3. Comment ne pas adhérer à de tels objectifs quand on rêve de voir un changement véritable en Haïti et surtout d’être artisan et partie prenante de ce changement ?
6. VALEUR AJOUTÉE DE LA FORMATION DOCTORALE
Comme mentionné précédemment, je donnais déjà des cours à l’université avant d’entreprendre mes études doctorales au CREFI. En revanche, l’ISTEAH mettait l’accent sur la réalité d’Haïti dans une perspective de développement du pays. Cette contribution à ma formation de chercheur junior me permet aujourd’hui d’encadrer davantage d’étudiants selon les règles de l’art. Grâce à cette formation, je peux approcher la réalité avec des lunettes scientifiques plutôt que comme le commun des mortels, qui ne fait pas toujours la différence entre spéculation et réalité. Mon passage dans plusieurs institutions universitaires à un titre ou à un autre me rend apte à apprécier les efforts de l’ISTEAH en matière de recrutement des étudiant.e.s, l’enseignement et l’encadrement, la qualité de l’évaluation des cours. Trois éléments expliquent cette particularité : d’abord, d’une vision claire portée par un scientifique engagé, pragmatique et éclairé qui se donne sans intérêts mesquins pour la cause d’Haïti. Ensuite, le partage et le transfert de cette vision à des hommes et des femmes qui croient dans les résultats de la science et qui ne se font pas prier pour apporter leur grain de sable dans la reconstruction du pays. Enfin, la mise en œuvre de cette vision passe par un partage de responsabilité et une grande implication des étudiant.e.s et des professeur.e.s.
7. LIEN DE CETTE FORMATION AVEC UNE HAÏTI NOUVELLE
J’ai été, entre autres, motivé par la spécificité de l’ISTEAH qui avait une idée très claire de la situation lamentable du pays. Un diagnostic a été réalisé et les résultats étaient disponibles. Les objectifs de l’ISTEAH étaient clairs et SMART à savoir : « Former une nouvelle génération de scientifiques et d’enseignants universitaires dotés de solides compétences en recherche et en innovation, imprégnés des valeurs de citoyenneté, et préparés à exercer un leadership inspirant dans le développement socioéconomique des régions du pays2. » Les objectifs spécifiques m’ont convaincu :
L’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti (ISTEAH) est une institution universitaire assez jeune, mais très mature de par sa vision et la mission qu’elle se donne. Fils d’un plus grand projet du Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN-Monde), ce centre du savoir ne cesse depuis déjà une dizaine d’années de former des universitaires (des deux sexes) qui sont devenus en grande partie des cadres de haut niveau évoluant dans des structures universitaires et dans le secteur tant public que privé en Haïti. Or, un pays ne peut se développer sans des têtes bien faites.
(i) la formation à travers tout le pays, notamment dans les régions, de diplômés de maîtrise et de doctorat, ainsi que de stagiaires post-doctoraux spécifiquement sur des problématiques de développement aux échelles locale, nationale et régionale ;
Cette nouvelle université est venue à un moment de grande dépression dans la vie nationale. Dans un contexte délétère de grande confusion et de perte de nos repères sur le plan social. À un moment où les valeurs positives sont gangrenées, les besoins sont de plus en plus énormes et urgents. La présence de l’ISTEAH donne un grand espoir à cette jeunesse universitaire qui est aux abois et qui a besoin de références et de modèles. Il s’agit d’un grand appui pour la reconstruction du pays. Les interventions de l’ISTEAH préparent depuis déjà dix ans ses jeunes universitaires pour une Haïti nouvelle. Ces investissements seront très rentables. Si l’on considère l’université comme un système de production, il apparaît
(ii) la réalisation de recherches pertinentes et de haut niveau, qui sont à la base de la formation à la maîtrise et au doctorat et qui tiennent compte des besoins des milieux économiques et de la société ; (iii) la formation continue avancée de qualité dans des disciplines scientifiques ciblées, en mettant l’accent sur les valeurs humaines et 2.
Site Web de l’ISTEAH
Ibid.
indispensable qu’elle fonctionne selon un principe économique : le rendement maximal avec une dépense minimale d’énergie et une utilisation importante des moyens de production [4]. En ce sens, l’ISTEAH est un exemple d’université qui fonctionne sur un modèle prenant en compte le rendement maximal en formant la base (en mettant la semence) destinée à remplacer les anciens qui fonctionnent comme des modèles, voire des références pour la société. La construction d’une Haïti nouvelle doit mettre la recherche au cœur du développement. Dans cette perspective, l’ISTEAH considère la recherche comme un passage obligé pour arriver à résoudre certains problèmes en Haïti. Avec la revue Perspective, les thèses et les mémoires réalisés, il y a un corpus qui répond aux besoins complexes de la société haïtienne. En résumé, la présence de l’ISTEAH en Haïti joue son rôle incontournable dans la construction de la société en générale et du citoyen responsable en particulier. La science étant considérée comme la plus grande entreprise collective, doit répondre aux besoins de la société et aux défis de la nation comme le fait l’ISTEAH dans ce moment difficile de la vie en Haïti.
8. CONCLUSION
ET PERSPECTIVES Depuis 2013, le flambeau de l’ISTEAH est allumé et la passation commence à se faire. Cela s’explique à travers les projets qui se mettent en place dans la Cité du savoir à Milot dans le Nord d’Haïti, à travers les engagements des étudiant.e.s dans la construction de leurs propres savoirs et dans le changement de leur communauté. Selon les réalisations passées et au regard des perspectives futures, nous pouvons affirmer que sur le plan des études universitaires, l’ISTEAH est l’espoir pour Haïti. M’engager dans des études doctorales à l’ISTEAH, c’est pour moi ouvrir une voie à ma participation au développement d’Haïti à partir de la science et la recherche, car la formation à l’ISTEAH est
une formation concrète basée sur la réalité. Une réalité analysée et comprise. De plus, l’ISTEAH se veut une institution universitaire d’excellence, dédiée prioritairement à la formation de scientifiques et d’innovateurs de haut calibre à travers le pays. À ma connaissance, c’est la seule université offrant autant de spécialistes avec plus de 200 professeurs titulaires et associés. Je vais poursuivre dans les prochaines années l’encadrement d’étudiant.e.s à tous les niveaux. Je compte travailler sur la problématique de la citoyenneté en mettant en place un mouvement de citoyenneté local et international. Je vais consacrer de l’énergie à la recherche dans le domaine de la cyber-citoyenneté, en raison de son rapport aux normes et aux valeurs du vivre-ensemble dans l’univers numérique, dans le but de faire du monde numérique un espace public où les individus peuvent exercer leurs droits et remplir leurs devoirs de citoyens. Je vais finaliser à la fin de cette année un livre portant sur ma thèse de doctorat et un autre traitant des méfaits des réseaux sociaux sur les jeunes. Je m’engage à écrire au moins un article chaque année ainsi qu’un livre avec deux ou trois collègues sur la problématique de l’encadrement des étudiants à la réalisation de leurs travaux de sortie. Je compte également participer à des recherches à travers le Centre de recherche en éducation et gouvernance (CREG) de l’ISTEAH.
BIBLIOGRAPHIE
1 Joseph, K. (2014). De nouveaux fondements philosophiques et sociologiques pour une éducation à la citoyenneté en Haïti. Université Lumière Lyon 2. Lyon, France. 2 Galichet F. (2002). La citoyenneté comme pédagogie : réflexions sur l’éducation à la citoyenneté. Revue des sciences de l’éducation, 28(1), pp. 105-124. Retrieved from http :id.erudit.org/iderudit/00715ar 3 Abric, J. C. (1989). L’étude expérimentale des représentations sociales. Paris : Presses Universitaires de France. 4 Lorenzi et Payan (2003). L’université maltraitée, édition Plon, Paris.
