Vol. 9 n° 1 · Témoignage
De l’étudiant en DESS au docteur en sciences de l’éducation à l’ISTEAH : un parcours atypique
Un parcours atypique

Il n’y a pas de développement véritable dans un pays sans des citoyens bien formés sur la réalité socioéconomique et politique de leur territoire.
1. INTRODUCTION
2. FORMATION ACADÉMIQUE
Il n’y a pas de développement véritable dans un pays sans des citoyens bien formés sur la réalité socioéconomique et politique de leur territoire. Imprégné de cette conviction, le docteur Samuel Pierre a implanté l’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti (ISTEAH) dans le paysage universitaire haïtien en 2013. L’institution a pour mission de former des professionnels de haut niveau dans plusieurs domaines scientifiques.
J’ai commencé mes études universitaires à la Faculté des sciences humaines (FASCH) de l’Université d’État d’Haïti (UEH) en 1995. De là, j’ai décroché mon diplôme de licence en communication sociale. Ensuite, je me suis inscrit, en 2006, à un programme post-gradué de criminologie, toujours à l’UEH. Cette formation a été sanctionnée, en 2012, par un diplôme d’études en criminologie.
Après dix années de fonctionnement, l’ISTEAH a déjà mis sur le marché 14 docteurs et plusieurs autres diplômés, que ce soit au niveau du diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS), de la maîtrise et bientôt, de la licence. Je suis l’un des heureux bénéficiaires de la formation de cette prestigieuse institution universitaire puisque je fais partie de sa deuxième cohorte d’étudiants. En effet, j’ai intégré l’ISTEAH en 2015. À partir de cette date, une nouvelle aventure s’offrit à moi, qui dura huit années consécutives. Tout d’abord, j’ai entrepris des études en sciences de l’éducation, option gestion des systèmes éducatifs. À la suite de ma scolarité, j’ai obtenu mon DESS en 2017. Ensuite, en 2020, j’ai décroché mon diplôme de maîtrise en gestion des systèmes éducatifs. Enfin, en 2023, j’ai achevé mon parcours en décrochant mon diplôme de doctorat en sciences de l’éducation. Ce fut donc une réussite. Cependant, l’aventure à l’ISTEAH n’était pas en soi ma première initiation universitaire. Car j’avais déjà effectué des études antérieures. En effet, j’avais déjà obtenu une licence et une maîtrise avant mon entrée dans cette nouvelle institution. Mon choix de mener des études doctorales à l’ISTEAH ne s’est pas fait à la légère. Car il s’avère qu’il correspondait à mes objectifs professionnels. D’où ma motivation à m’y inscrire. Dans les lignes qui suivent, je présenterai ma formation académique ainsi que le résumé de ma thèse de doctorat. Ensuite, je ferai état de mon expérience professionnelle, avant d’expliquer ma motivation à m’inscrire à l’ISTEAH en vue d’y entreprendre des études doctorales. Puis je décrirai les valeurs ajoutées de la formation doctorale et j’établirai les liens entre cette formation et l’Haïti nouvelle. Enfin, je formulerai ma conclusion, accompagnée de quelques éléments de perspectives.
Ma soif d’apprendre n’était pas assouvie pour autant. J’étais chaque jour incité à renforcer ma formation. C’est pour cette raison que je me suis inscrit à l’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti (ISTEAH) en 2015. Mon choix portait sur les sciences de l’éducation. Cependant, ce domaine d’études était totalement à l’opposé de mes formations initiales. Car l’institution ne disposait pas de formations qui correspondaient à ce que j’avais appris jusque-là. Pour éviter de voir mon inscription rejetée, je me suis inscrit au programme de DESS en lieu et place du doctorat, vu que je n’avais pas eu de formation de base en sciences de l’éducation. Plus tard, j’ai eu la confirmation que j’avais fait le meilleur choix. Dans cette dernière institution, j’ai eu un parcours impeccable. En 2017, j’ai décroché mon DESS en gestion des systèmes éducatifs et j’ai poursuivi à la maîtrise. Trois ans plus tard, soit en 2020, j’ai décroché mon diplôme de maîtrise et, en 2023, mon diplôme de doctorat.
3. RÉSUMÉ
DE MA THÈSE DE DOCTORAT La thèse que j’ai soutenue le 12 décembre 2023 a pour titre : « Analyse de la violence à l’école secondaire de l’Arrondissement de Portau-Prince : une étude de cas multiples de la relation des écoliers avec leurs camarades, les personnels de l’école et leur motivation » (Gue, 2023). Je m’efforce d’y expliquer les origines de la violence à l’école. Pour ce faire, la recherche se focalise sur l’environnement familial des écoliers, en vue d’identifier les facteurs qui expliquent leurs violences dans l’espace scolaire. Dans le but d’élaborer la problématique de la thèse, quatre problèmes ont été observés, le premier étant le constat d’un déficit d’encadrement des écoliers par les enseignants. En effet, plusieurs auteurs soulignent que l’encadrement fourni par les enseignants aux écoliers est indispensable à la performance de ces derniers. Pourtant, d’autres auteurs remarquent que les enseignants haïtiens ne s’occupent que des meilleurs écoliers. Pour d’autres encore, l’encadrement fourni
dépend du type d’école fréquentée et, par conséquent, du niveau économique des parents. C’est ainsi que des lycéens sont souvent dans les rues, réclamant la présence d’enseignants dans leurs salles de classe. Il appert que le manque d’encadrement des enseignants peut être l’une des causes de la violence des écoliers. Le second problème constaté, c’est l’indisponibilité d’un climat serein, propre à l’apprentissage des écoliers. En effet, l’école haïtienne ne tient pas compte de l’importance d’un bon climat d’apprentissage pour l’épanouissement des écoliers. Au contraire, ces derniers sont l’objet de beaucoup de violence dans le système scolaire. Ainsi, la violence des écoliers haïtiens peut être interprétée comme la manifestation de leurs frustrations par rapport aux nombreuses violences subies dans leur environnement scolaire. Le troisième problème relevé est l’exposition des écoliers à la violence ambiante. La société haïtienne est plongée dans un cycle de violence depuis quelques décennies, orchestrée par des groupes armés. Ces derniers utilisent souvent des enfants à titre de soldats. Il y a lieu de se demander si les écoliers qui exercent de la violence à l’école ne sont pas également des membres de groupes armés. Enfin, le quatrième problème soulevé est celui de la maltraitance dont les écoliers sont l’objet dans leurs environnements familial et scolaire. En effet, plusieurs recherches soulignent la légitimation de la violence des adultes contre les enfants en Haïti. Ainsi, les écoliers subissent de la violence tant dans leurs familles que dans le système scolaire. Par conséquent, il y a lieu de se demander si la violence des écoliers n’est pas le résultat des violences subies aussi bien dans le milieu familial que dans celui de l’école. Ces différents éléments de problème ont permis la formulation de la question de recherche suivante : « Quels liens existe-t-il entre les types de familles, la communication familiale et la violence des écoliers au secondaire dans l’arrondissement de Port-au-Prince ? » Elle est suivie de quatre sous-questions, à savoir : Quel lien existe-t-il entre le type de famille des écoliers impliqués dans la violence scolaire et le mode de communication familiale pratiqué ? Quel lien existe-t-il entre la violence des écoliers et leurs conditions socioéconomiques ? Quel rapport établir entre la motivation des écoliers pour l’école et leurs comportements violents à l’école ? Quelles différences établir entre les pratiques ou les manifestations de la violence par les écoliers et le type de famille auquel ils appartiennent ? La recherche a pour objectif principal de caractériser les liens qui peuvent se tisser entre le type de famille, la communication familiale et la violence des écoliers d’établissements du secondaire dans l’arrondissement de Port-au-Prince. Plus précisément, elle se propose d’identifier les liens entre le type de famille et le mode de communication familiale des écoliers impliqués dans la violence scolaire dans l’arrondissement de Port-au-Prince ; de dresser un tableau des liens relevés entre la violence des écoliers, leurs conditions socioéconomiques et la communication dans leurs familles respectives ; d’expliciter le lien entre la violence des écoliers et leur motivation pour l’école ; et d’établir la différence entre les pratiques ou les manifestations de la violence par les écoliers et le type de famille auquel ils appartiennent.
En vue d’atteindre ces objectifs, une triangulation théorique, c’està-dire un croisement, entre la théorie écologique de prévention de la violence, la théorie de l’association différentielle et l’approche en communication de (Watzlawick et coll., 1972) a été réalisée. Pour mener les activités de terrain, la démarche qualitative a été adoptée avec, pour toile de fond, la méthode de l’étude de cas multiples. Les données ont été recueillies d’abord au moyen de quatre entretiens de groupe semi-directifs, réalisés avec 31 écoliers, dans quatre écoles de l’Arrondissement de Port-au-Prince. De ces 31 écoliers, 14 ont ensuite été sélectionnés en vue de participer à des entretiens individuels semi-directifs. Ensuite, cinq entretiens individuels non directifs ont été réalisés avec deux censeurs, un surveillant général, un enseignant et un directeur d’établissement pour compléter le profil des écoliers. Ainsi, 23 entretiens ont été réalisés avec 36 participants. Des guides d’entretien semi-directifs et non directifs ont été rédigés à cette fin. Les 23 entretiens ont été retranscrits en vue de constituer des verbatims. À la suite de cette transcription, deux verbatims, parmi ceux des entretiens individuels les plus représentatifs du profil d’écoliers actifs dans la violence en milieu scolaire, ont été retenus dans chaque école pour analyse. D’où huit verbatims d’entretiens individuels avec les écoliers. L’entretien individuel avec l’enseignant a été écarté. Ce qui porte le nombre des verbatims avec le personnel éducatif à quatre. Enfin, les quatre verbatims d’entretiens de groupes avec les écoliers ont été retenus. Le nombre total de verbatims analysés est donc réduit à 16. Les données ont été analysées selon le modèle de Gaudrau (2011). Les résultats révèlent que les familles nucléaires sont en majorité dans l’émergence d’écoliers actifs dans la violence scolaire. Par contre, la famille monoparentale élargie génère l’écolier le plus actif et la monoparentale simple, le moins actif. Les interactions des écoliers avec leur environnement familial les influencent à adopter des comportements violents qui s’amplifient au contact des acteurs de l’école. En outre, les familles à faible revenu sont surreprésentées dans les résultats. Toutefois, la motivation des écoliers n’a aucune influence sur leur violence en milieu scolaire. Les résultats établissent un lien entre l’intensité de la violence subie dans la famille et celle qui est exercée à l’école. Par ailleurs, les mères ont beaucoup plus tendance à influencer négativement leurs enfants. Enfin, le modèle théorique adopté permet d’établir un lien entre l’apprentissage de la violence dans l’environnement familial des écoliers et son exercice dans le milieu scolaire. Mots clés : violence à l’école, famille, communication familiale, motivation scolaire, écolier.
4. EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE
J’ai débuté dans l’enseignement classique tout de suite après l’obtention de mon baccalauréat en 1994. J’ai été professeur de littérature et de sciences sociales dans plusieurs écoles de la capitale. J’ai donné également des cours d’anglais et de français successivement dans deux écoles professionnelles. Ma carrière dans l’enseignement classique et professionnel a pris fin dès mon intégration à la Faculté des sciences humaines (FASCH) de l’Université d’État d’Haïti en
2006. J’ai été affecté d’abord au poste de moniteur de stage, puis à celui de
responsable de stage. Depuis 2010, j’y donne deux cours de criminologie par session, et depuis janvier 2023, je donne un cours d’expression écrite, français II par session. Parallèlement, de 2006 à 2010, en collaboration avec l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), j’ai enseigné l’expression écrite et orale en français aux étudiants de première année à l’UEH et dans plusieurs universités privées de la place. De mai à mars 2010, j’ai été chargé de l’animation sociale à Papette, localité de la commune de Grand-Gôave, département de l’Ouest, au profit du Centre pour le rapprochement à travers l’aquaculture et l’agriculture en Haïti (CPRAH). De septembre 2012 à septembre 2015, j’ai donné des cours de français de base, de composition française, de communication orale, de méthodologie et d’introduction en psychologie à l’Institut Biblique Méthodiste Libre (IBML). De mars 2013 à mai 2018, j’ai donné des cours de rudiments de français, de composition française, de français commercial et de communication orale à l’Université Providence d’Haïti (UPROH). Depuis 2014, j’offre des formations en leadership, approche communautaire, gestion de conflit, entrepreneuriat dans plusieurs institutions, dont la Faculté des sciences humaines et la DINEPA. Puis, de concert avec l’Université Providence d’Haïti (UPROH), j’ai formé des directeurs et des enseignants en communication orale en français, en administration et supervision scolaire. De 2019 à 2023, j’ai donné à l’Université UNIKA des cours de sociologie de la communication, de journalisme international, de journalisme d’investigation, d’éthique et déontologie de la presse. Enfin, depuis 2021, je donne à l’ISTEAH des cours sur le crime organisé et les théories de la délinquance.
5. MOTIVATION À ENTREPRENDRE DES ÉTUDES
DOCTORALES À L’ISTEAH Ma motivation à entreprendre des études doctorales, en général, et à l’ISTEAH, en particulier, vient de deux sources principales : mon parcours professionnel et des impératifs familiaux. D’abord, dois-je le rappeler, j’ai commencé ma carrière dans l’enseignement supérieur à la Faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti. Dès les premiers jours de cette expérience, j’ai senti le besoin de renforcer ma formation de base. Ainsi, j’ai éprouvé une soif d’entreprendre des études post-graduées, notamment dans une université étrangère. Car mes compatriotes valorisent les études réalisées à l’étranger. Ensuite, ma longue carrière dans l’enseignement, depuis déjà trente ans, m’a amené à penser qu’une formation doctorale me permettrait d’améliorer mon travail au bénéfice de mes étudiants. D’ailleurs, puisque je suis dans un domaine très compétitif et que je fais face au quotidien à des étudiants de plus en plus exigeants, il fallait que j’atteigne un niveau supérieur pour améliorer ma compétitivité. C’était là une autre source de motivation. Par ailleurs, j’avais toujours souhaité publier des articles scientifiques dans des revues internationales. Cela me motivait également. Enfin, une formation doctorale constituerait pour moi une sorte de couronnement de carrière. Tout compte fait, il fallait absolument que j’aie une formation doctorale.
Mais qu’en est-il de mon choix d’étudier à l’ISTEAH ? J’ai choisi d’étudier à l’ISTEAH parce que je suis très attaché à la protection de ma famille, notamment de mes enfants. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas effectué d’études à l’étranger. Car j’ai obtenu mon premier diplôme universitaire au moment où j’étais en train de préparer mon mariage. Dans un premier temps, mon souci consistait à ne pas abandonner ma fiancée. Par la suite, je n’ai pas souhaité abandonner ma femme. Je ne voulais pas la laisser seule responsable d’assurer l’éducation de nos enfants, avec toutes les obligations qui découlent de la gestion du foyer. Ainsi, des études post-graduées en Haïti étaient pour moi la meilleure option. En conséquence, l’ISTEAH constituait pour moi la voie par excellence pour réaliser mes rêves. Cette institution m’a permis d’atteindre deux objectifs majeurs de ma vie. D’abord, j’ai réalisé mes études doctorales dans une université qui n’a rien à envier aux universités étrangères. Ensuite, j’ai étudié en restant dans ma famille, pour encadrer mes enfants, soutenir ma femme, tout en restant au service de mon pays que je chéris.
6. VALEUR AJOUTÉE DE LA FORMATION DOCTORALE À L’ISTEAH
Mon passage à l’ISTEAH a transformé ma personnalité puisque, du point de vue méthodologique, il m’a appris à aborder les problèmes de manière plus rationnelle. En effet, grâce à la formation que j’ai reçue, j’ai appris à prendre du recul par rapport aux évènements afin de mieux les comprendre. J’ai appris que les faits sociaux ont toujours une explication qu’il convient de rechercher avant d’agir sur eux. En outre, les faits qui se présentent à nous comme étant des problèmes ont déjà été traités par, au moins, un penseur ou encore un chercheur. Pour mieux les comprendre, il faut d’abord rechercher ce qui fait réellement problème dans ce qui nous arrive ou encore qui nous interpelle. Ensuite, après avoir identifié le problème, on se demande : « Qu’est-ce que d’autres personnes qui ont vécu cela ont dit à ce propos ? » Autrement dit, on recherche des théories ou des approches explicatives. Enfin, on se dit : « Comment peut-on aborder ce problème pour obtenir les meilleurs résultats ? » J’ai adopté cette manière d’agir dès le premier cours que j’ai suivi avec le professeur Samuel Pierre. Il s’agissait du cours IST5020 – Problèmes contemporains d’Haïti – 2016 (Pierre et Saisiné, 2015). Dans l’une de ses séances, le professeur Samuel a analysé avec la classe la situation globale du pays en référence à son ouvrage intitulé Construction d’une Haïti nouvelle : vision et contribution du GRAHN (Pierre, 2010). C’est dans le cadre de ce cours que j’ai appris, pour la première fois, qu’il fallait avoir une approche holistique des problèmes. Car tout est lié. Ensuite, le professeur nous a appris qu’il fallait « penser globalement et agir localement ». Depuis lors, j’ai pris la résolution de ne jamais considérer des faits sociaux comme étant isolés les uns des autres, mais de toujours rechercher les régularités et les influences du global sur le local et vice versa. L’ISTEAH m’a également permis de mieux comprendre les autres. Car grâce au cours d’éthique que j’ai suivi, j’ai appris que les individus sont tenaillés parfois entre les obligations morales et leurs responsabilités éthiques. Car la morale peut imposer une obligation ou une interdiction tandis que l’éthique s’y oppose. Cela nous amène
à reconnaître que les êtres humains sont effectivement complexes et qu’il ne faut pas s’empresser de les juger à partir de ses propres codes moraux, mais adopter à leur égard une approche compréhensive, comme le suggèrent Colliot-Thélène et Kervégan (2022). Outre, ces changements dans ma personnalité, l’ISTEAH me permet d’avoir beaucoup plus d’humilité. En effet, j’y ai côtoyé des sommités intellectuelles et pourtant, je n’en ai jamais vu qui faisait la grosse tête. C’étaient toujours des gens très compréhensifs, prêts à vous écouter et à vous aider. C’était le contraire de ce que j’avais vécu en Haïti jusque-là. Car quand certains compatriotes peuvent se justifier d’une forme de supériorité, ils le font en humiliant leurs semblables. J’ai en horreur ce modèle. Car je suis convaincu que quand on a une capacité supérieure, il faut la mettre au service des plus faibles.
7. LIEN DE MA FORMATION AVEC UNE HAÏTI NOUVELLE Parmi les 12 défis au
développement d’Haïti identifiés par GRAHNMonde, l’éducation est un élément clé, bien qu’elle soit située en cinquième position (Pierre, 2010). Car on ne peut pas avoir de développement avec des citoyens non éduqués. Par ailleurs, il est impossible de se débarrasser des superstitions et des prénotions sans passer par l’éducation. L’on comprend dès lors l’importance de l’objectif que se fixe l’ISTEAH pour mettre la science et la culture au service du développement. En effet, notre pays fait face depuis plusieurs décennies à des vagues de migration (Jan Singh et Barton-Dock, 2016). Parce que, face à la détérioration des conditions socioéconomiques du pays, certains compatriotes, en situation de désespoir, émigrent par milliers dans des pays voisins dont la République dominicaine, les Bahamas, les îles Turks et Caicos, etc. Cependant, la plus grande migration se fait dans les pays de l’Amérique du Nord, à savoir, les États-Unis et le Canada. Ces gens partent à la recherche d’une vie meilleure. Principalement, durant les cinq dernières années, les Haïtiens ont quitté le pays en très grand nombre, puisque des hommes armés entreprennent depuis le deuxième mouvement baptisé de « pays Locke1 » (6, 7 et 8 juillet 2018) le bouclage du territoire. Chaque jour, ils gagnent plus de terrain. Les citoyens désemparés se voient obligés de se réfugier dans des pays étrangers en vue de s’en protéger. Au nombre de ces nombreux émigrés figurent des cadres bien formés. D’où le concept de fuite de cerveaux. Un phénomène qui met en péril le développement du pays. En effet, sans professionnels qualifiés, il n’y a pas de développement véritable. D’où l’importance des éducateurs comme moi. La formation reçue à l’ISTEAH me met en bonne posture pour servir mon pays. Car je suis spécialisé en sciences de l’éducation et, de surcroît, je suis un professeur de carrière (déjà 30 ans d’expérience). Cette formation est un plus pour moi. En ce sens qu’elle me permet de mieux transmettre mes cours à mes étudiants. En outre, grâce à la formation reçue, j’apprends à lier les notions académiques à de solides notions d’éthique en vue d’amener mes étudiants à aimer leur pays, à s’impliquer dans des projets pour son développement, et je les encourage à garder leur distance par rapport à la corruption. 1.
Blocage des différentes artères.
Tout cela a pour effet de préparer des citoyens haïtiens pour l’Haïti de demain. Des citoyens responsables et qui aiment leur pays. Je pense que je n’aurais pas pu atteindre ces objectifs sans ce « plus » que m’a apporté la formation reçue à l’ISTEAH.
8. CONCLUSION
ET PERSPECTIVES Mon passage à l’ISTEAH m’a été très bénéfique, car j’ai bénéficié d’une formation supplémentaire dont j’avais grandement besoin. Laquelle formation m’a permis de décrocher mon diplôme de docteur en sciences de l’éducation. D’ailleurs, le titre de ma thèse est : « Analyse de la violence à l’école secondaire de l’arrondissement de Port-au-Prince : une étude de cas multiples de la relation des écoliers avec leurs camarades, les personnels de l’école et leur motivation ». Cette formation a renforcé mes 30 années d’expérience en tant qu’éducateur. Elle a comblé les attentes que je me suis fixées au moment de m’inscrire dans l’institution et a justifié les motivations que j’ai exprimées. C’est donc une valeur ajoutée sûre pour la poursuite de ma carrière. Car elle me permet de mieux donner mes cours. J’arrive à mieux évaluer mes étudiants et je mets à leur disposition un contenu à la fois théorique et pratique en termes de formation à l’éthique et contre la corruption. Tout compte fait, cette formation me permet de former des citoyens pour l’Haïti de demain. En termes de perspectives, je compte profiter de cette formation et de ma spécialisation pour continuer de former la jeunesse. Non seulement la jeunesse de mon pays, mais également celle de tous les pays à qui il me sera donné la possibilité de le faire. En outre, je compte poursuivre des recherches interdisciplinaires alliant mes connaissances en communication, en criminologie et en éducation pour enrichir la connaissance scientifique sur la société haïtienne. Par ailleurs, je souhaite me spécialiser dans des sujets liés à la famille, aux relations familiales, à la violence familiale et scolaire. Je compte présenter des conférences, réaliser des séminaires et d’autres séances de formation en vue de renforcer les familles, pour protéger la jeunesse contre la délinquance et combattre la propension à la violence dans la société haïtienne en particulier et dans tous les pays qui auront besoin de mes services en général. Je compte également enseigner la discipline aux jeunes, la maîtrise de soi en vue de la réussite de leurs projets tant personnels que collectifs. Enfin, je compte mettre mon expertise au service des autorités haïtiennes, que ce soit en matière d’éducation ou de prévention de la violence.
BIBLIOGRAPHIE
1 Colliot-Thélène, C. et Kervégan, J.-F. (2022). De la société à la sociologie – Max Weber et la sociologie compréhensive allemande : critique d’un mythe historiographique. ENS Éditions. Open Edition Books. https://books.openedition.org/enseditions/37915 2 Gaudrau, L. (2011). Guide pratique pour créer et évaluer une recherche scientifique en éducation. Guérin Éditeur. 3 Gue, J. E. (2023, 12 décembre). Analyse de la violence à l’école secondaire de l’Arrondissement de Port-au-Prince : une étude de cas multiples de la relation des écoliers avec leurs camarades, les personnels de l’école et leur motivation [thèse, Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti (ISTEAH)]. https://www.researchgate.net/publication/380487951_ JeanElifaiteGue-TheseCompleee_corrigee_20_dec_2023_VFinale_1
4 Jan Singh, R. et Barton-Dock, M. (2016). Haïti : Des opportunités pour tous – Diagnostic – Pays systématique. Groupe de la Banque mondiale. 5 Pierre, S. (2010). Construction d’une Haïti nouvelle : vision et contribution du GRAHN [universitaire]. Presses internationales Polytechnique. http://www. vers-les-iles.fr/livres/Haiti/Grahn.html 6 Pierre, S. et Sainsiné, Y. (2015). Cours : IST5020 - Problèmes contemporains d’Haïti-2016 [cours]. https://isteah.org/moodle/course/view.php ?id=3 7 Watzlawick, Paul, Helmick, J. et Beaven, D. D. J. (1972). Une logique de la communication. Proposition pour une axiomatique de la communication. Éditions du Seuil.
Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti
la recHercHe à l’IsteaH Les unités de recherche de l'ISTEAH • Le Centre de recherches mathématiques (ISTEAH-CRM)
Presses internationales GRAHN-Monde
• Le Centre de recherche en éducation et gouvernance (ISTEAH-CREG) ; • Le Centre international de recherche en technologies de l’information pour le développement (ISTEAH-CIRTID) ; • Le Centre de recherche en sciences moléculaires et du vivant (ISTEAH-CRSMV) ; • Le Centre de recherche en gestion des risques, aménagement du territoire et environnement (ISTEAH-CReGRATE) ; • La Chaire de recherche-action en commercialisation des produits agricoles ; • Le Centre d’expertise, d’innovation et d’entreprenariat (CEINE).
Un département dynamique en recherche Les activités de recherche et d’enseignement aux cycles supérieurs en génie informatique et génie logiciel permettent de faire avancer les connaissances dans des axes de pointe et de former des diplômés de haut niveau pour soutenir la croissance de l’économie basée sur le savoir.
Nos programmes d’études L’enseignement aux cycles supérieurs au département se divise en : Doctorat en génie informatique (Ph.D.) ; Maîtrise recherche en génie informatique (M.Sc.A.) ; Maîtrise cours en génie informatique (M. Ing.) ; Maîtrise (ou DESS) modulaire en génie informatique option réseautique ; Diplôme d’études supérieures spécialisées en génie informatique (DESS).
Nos professeurs Le département compte 30 professeurs de réputation internationale et dynamiques en recherche.
Nos axes de recherche : La réseautique et l’informatique mobile, la recherche en systèmes embarqués, les systèmes intelligents, les systèmes de simulation numérique et de visualisation, le génie logiciel et les méthodes d’ingénierie appliquée aux systèmes logiciels.
